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De la psychologie pour avoir un bébé

vendredi 15 février 2008, par klelugi


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L’acte d’enfantement s’accompagne d’un changement identitaire de la femme et de son compagnon. La future mère dénomme toutes ses capacités pour s’adapter au bouleversement de son monde interne et externe. Cette élaboration d’un nouvel équilibre narcissique met en jeu les identifications passées, notamment à sa propre mère, et oscille entre un mouvement régressif de repli sur soi et un mouvement grandiose de projection dans l’avenir.


Chez l’homme comment cela se traduit-il

Cependant, chez les hommes existe aussi le désir de régression fusionnelle à l’image de celui de leur compagne ou de leur mère. Ainsi, il n’est pas rare d’observer toutes sortes de manifestations somatiques chez les pères au début de la grossesse de leur femme. Le plus souvent, il s’agit de nausées et de troubles digestifs ou alimentaires, par exemple prise de poids ou sensations buccales. Les deux membres du couple sortent transformés de ce processus.

Avoir un bébé : pour la femme

La « préoccupation maternelle primaire » conduit à un état régressif de symbiose avec l’enfant à naître, comprenant à la fois une acuité intense aux besoins de l’enfant et une dissociation abrasant les investissements externes. Pour la femme, cette identification à son enfant mobilise des images internes relatives à sa propre enfance, y compris dans son lien à sa propre mère, voire relatives à un traumatisme personnel ancien ou récent. Certaines manifestations du premier trimestre comme les nausées, ou l’aversion pour certains aliments et l’attrait pour d’autres, participent de la vigilance exercée sur son propre corps et sa cénesthésie.

La dissociation physiologique coexiste dès la conception, avec une représentation de l’enfant comme être distinct. Dans une défense contre cette altérité reconnue, des idéaux grandioses, pour reprendre un qualificatif des spécialistes, se portent sur l’enfant. Ils se révèlent pour l’enfant, ultérieurement, générateurs d’une bonne estime de soi ou lourds à porter, selon l’intensité de l’injonction explicite ou implicite qui lui est adressée.

En dehors de toute atteinte psychique caractérisée, des femmes peinent à trouver un équilibre entre ces deux versants. Ainsi, contrepoint aux idéaux, certaines se questionnent quant à leur compétence pour l’accouchement puis comme mère, dans une peur croissant avec la proximité de la naissance. Lors de grossesses de jeunes adolescentes, il arrive que prédomine le désir d’être enceinte (fuite en avant narcissique dans une rivalité avec leur propre mère), associé à un déni de la grossesse réelle et des nécessités qui y sont attachées.

Du côté du père, la conscience de la mortalité le porte avant tout au grandiose, la perpétuation d’une lignée et la transmission d’un nom. En effet, la naissance d’un enfant signe parfois l’issue d’une contemplation narcissique sur le mode para-incestueux de certaines relations frère-soeur. Leur acceptation de la finitude autorise son corollaire vivant, le désir d’enfant, surpassement des images internes de leurs propres parents, cette fois-ci sans culpabilité ni agressivité.

Dans les cas où existe un risque somatique pour l’enfant ou la mère, le péril génère une forte anxiété. Elle ne marque pas un excès de sensibilité psychique, mais au contraire un bon fonctionnement des parents. En effet, l’angoisse, signal d’alarme, prépare au danger et en protège. Souvent, les pères, préférentiellement dans l’action ou le détachement, fuient la situation sans exprimer leurs craintes et leurs sentiments.


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